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Téléconsultation et recrutement médical

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La téléconsultation est passée du statut d'expérimentation à celui d'outil courant. Pour les établissements confrontés à des postes vacants, elle représente une variable d'ajustement rarement exploitée : non pas comme substitut au recrutement, mais comme composante d'une offre de poste qui élargit le vivier de candidats.

Ce que la téléconsultation change dans un recrutement

Elle rend accessibles des praticiens hors de portée

Un poste à temps plein exclusivement sur site suppose que le praticien vive à proximité ou déménage. C'est précisément le point de blocage sur les territoires peu attractifs.

Un poste combinant présence sur site et téléconsultation change le calcul. Un praticien peut assurer une présence régulière — deux jours par semaine, une semaine sur deux — et compléter à distance. Le rayon géographique dans lequel l'établissement peut recruter s'étend considérablement.

Elle répond à une attente de souplesse

La demande de flexibilité exprimée par les praticiens ne porte pas seulement sur le volume horaire, mais sur l'organisation. Une part d'activité à distance facilite la conciliation avec des contraintes personnelles, un exercice mixte ou une activité de recherche.

Elle maintient une offre là où elle serait absente

Pour un territoire sans spécialiste, une consultation à distance appuyée par un professionnel présent auprès du patient vaut mieux que l'absence de consultation. Ce n'est pas une solution idéale, c'est une solution disponible.

Le cadre à connaître avant de le proposer

La téléconsultation s'exerce dans un cadre défini, qu'un établissement doit maîtriser avant d'en faire un argument de recrutement.

Le parcours de soins. La prise en charge par l'Assurance Maladie suppose en principe que la téléconsultation s'inscrive dans le parcours de soins coordonné, avec des exceptions prévues pour certaines situations et certains territoires.

La part d'activité réalisable à distance. Le cadre conventionnel plafonne la proportion de l'activité annuelle d'un médecin pouvant être réalisée en téléconsultation. Ce plafond a une conséquence directe sur la construction d'un poste : un exercice intégralement à distance n'est pas envisageable dans le cadre conventionnel de droit commun.

Les conditions techniques et de confidentialité. Solution conforme aux exigences applicables aux données de santé, hébergement certifié, conditions d'échange sécurisées.

L'articulation avec l'examen clinique. Certaines situations imposent un examen physique. Le protocole du service doit préciser ce qui relève de la téléconsultation et ce qui bascule en consultation présentielle.

Construire un poste qui intègre la téléconsultation

Proposer « de la téléconsultation » sans préciser l'organisation ne convainc personne. Ce qui rend l'argument crédible, ce sont les modalités.

Définir la répartition. Combien de jours sur site, combien à distance, selon quel rythme. Un praticien évalue immédiatement la faisabilité à partir de ces éléments.

Prévoir des créneaux dédiés. Une téléconsultation intercalée entre deux consultations physiques fonctionne mal. Des plages identifiées permettent une organisation tenable.

Prévoir l'appui sur place. Pour beaucoup de situations, la présence d'un infirmier ou d'un autre professionnel auprès du patient conditionne la qualité de la consultation à distance. C'est un point d'organisation, pas de technologie.

Équiper correctement. Une solution instable ou peu ergonomique décourage rapidement, côté praticien comme côté patient.

Former. La conduite d'une consultation à distance ne s'improvise pas : conduite de l'entretien, limites de l'examen, traçabilité.

Ce qu'il ne faut pas en attendre

La téléconsultation ne remplace pas un recrutement. Un établissement qui l'utiliserait pour éviter de pourvoir un poste vacant déplace le problème : la charge repose sur des praticiens externes, la continuité n'est pas assurée, et l'équipe sur place ne se renforce pas.

Elle ne convient pas non plus à toutes les spécialités ni à toutes les situations cliniques. Son intérêt en recrutement tient à ce qu'elle rend un poste possible pour un praticien qui, sans elle, n'aurait pas candidaté — pas à ce qu'elle supprime le besoin de praticien.

Enfin, un poste présenté comme majoritairement à distance attire peu : les praticiens qui rejoignent un établissement cherchent une équipe, un plateau technique et une pratique clinique complète.

Pour les structures d'exercice coordonné

Centres de santé, maisons de santé et structures pluriprofessionnelles sont les mieux placés pour tirer parti de la téléconsultation : la présence d'un professionnel auprès du patient y est naturelle, et l'organisation collective facilite les créneaux dédiés.

Pour les centres de santé, l'intégration de la téléconsultation touche au projet de santé et parfois au modèle économique. Notre partenaire Opti-CDS accompagne ces structures sur l'organisation et la conformité de leur projet.

Pour le reste de la démarche de recrutement, voir notre guide complet et notre article sur les statuts.

Sources et références utiles